Description du spectacle
D'humeur grincheuse et l'âme paisible,Odelette se laisse guider par ses souvenirs fanstasques et fragiles. Entre joie et souffrance, entre rêve et réalité,Odelette navigue sur un frêle radeau dans un océan de solitude...
Une étrange silouhette : l'humble petitesse de la carmélite, le visage emprunt de clémence et de bonté, endimanchée d'un baby gros , imprévissible comme un chiard et pontifiante comme un évêque. Odelette marmomme et l'on s'attendrit ... à tors. Cette figure de martyre trimballe beaucoup de cruauté et de malice.Ses chuchotages empestent le mensonges et la mythomanie. Elle a l'appétit d' un Don Juan et brûle de curiosité. Se consummer dans la débauche de sensations avant le grand départ vers l'inconnu. Telle est sa quête....peu importe la fin. Note d'intention
Du clown : La vie est une boucle qui se ferme à l'endroit où elle s'est ouverte.Les grands parents, comme les enfants nous donnent continuellement une belle leçon de sincérité et de justesse, ce sont de vraies clowns. Car le clown vise à atteindre en même temps la sagesse merveilleuse et la tendre ignorance. J'ai eu l'occasion de travailler dans une maison de retraite il y a quelques années et je suis encore chargé d'émotions en repensant à ces personnes enrobées de solitude et de souvenirs perdus. Il me plaît à penser que malgré leurs décalages et leurs maladresses ils sont emplis de tendresse et d'affection. Car je garde en souvenir sur ma peau les bisous baveux ô combiens chaleureux de ma grand-mére, elle m'écrasait littéralement le visage. Odelette est faussement spirituelle. Sa solitude, l'a un peu perdue. Elle se laisse emporter par son imagination, ainsi que son penchant pour la coquinade , c'est une séductrice. Elle reste profondement et charnellement amoureuse de la vie.
Du metteur en scène : « j'ai toujours eu le sentiment qu'être adulte et veillir s'apparentaient à une sorte de comédie » écrit Hermann Hess dans Eloge de la viellesse. La dérision, le détachement et la légerté sont nos seuls armes face à son terrible constat : « sur terre rien n'est éternité, si ce n'est le temps qui fuit ». C'est dans cet état d'esprit que j'aborde le personnage d'Odelette. Est-elle s'incére vraiment ou alors se joue-t-elle de nous, de notre pitié et de nos propres angoisses ? Evidemment oui, car Odelette est un clown, elle poursuit le jeu jusqu'au bout du chemin quoi qu'il arrive! Sous ses petits airs de grenouille de bénitier Odelette s'apparente plutôt à un diablotin qui s'amuse à triturer nos sentiments. La premiere trouvaille de Nicolas Houssin a été de vouloir incarner le personnage d'une grand-mère. A partir de ce postulat tous les sujets écrasants prennent de la distance : la spiritualité, la culpabilité chrétienne, les désirs de la chair, l'approche de la mort, la vieillesse et son de lot de souffrances physiques et morales ainsi que la perte des choses. Ce moment de la vie où tout s'en va et ne reste qu' une extrême faiblesse . Malgré tous ces thémes périlleux c'est un spectacle de clown qu'il s'agit de défendre, et c'est là justement que nous trouvons l'intérêt, le jeu et le plaisir. Ce même plaisir de l'enfance lorsque l' on agace des allumettes alors que raisonne cette phrase maternelle « ne joue pas avec le feu ! ». La particularité de la mise en scène d'un solo clownesque réside dans l'accompagnement au plus près possible de l'univers propre à chaque clown. Mon enjeu personnel est de permettre à Nicolas Houssin de prendre la pleine mesure de ses qualités de : clown, compositeur de musique, musicien, acrobate, chanteur, auteur de textes et de chansons. Pour finir, je vois dans son personnage de clown des similitudes avec cette comique suisse, Zouc , qui faisait si bien cohabiter le rire et la folie.
Textes : Nicolas HoussinScénographie : Raphaël MaulnyParoles et musiques des chansons :Nicolas Houssin
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